Accueil / Manuel de sécurité nautique / Choc thermique en eau froide : symptômes, phases et conseils de survie et de prévention
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Le choc thermique est une réaction physiologique qui survient lorsqu’une personne est soudainement immergée dans de l’eau froide. Il figure parmi les causes courantes de décès liés à la navigation de plaisance et peut se produire même en été.
Selon la Croix-Rouge canadienne, entre 1991 et 2000, la navigation de plaisance représentait 55 % (51/92) de tous les cas d’hypothermie sans noyade, et 38 % de tous les décès par immersion en eau froide (772/2 007).
Il est essentiel d’apprendre comment prévenir et réagir face au choc thermique en eau froide pour naviguer sur les eaux canadiennes, qui restent froides tout au long de l’année.
Points clés
Le choc thermique survient lorsque l’on est soudainement plongé dans une eau froide. Il peut se produire même lorsque la température de l’eau est relativement modérée.
Le choc thermique provoque des réactions corporelles qui peuvent être dangereuses, voire mortelles. Ces réactions sont involontaires et ne peuvent être maîtrisées simplement en se disant « ne pas paniquer ». Elles se produisent sans que l’on puisse les contrôler lorsque tout le corps est immergé dans l’eau froide (et pas seulement les pieds ou la tête).
Face à un froid intense et soudain, par exemple lors d’une chute en eau froide, les vaisseaux sanguins se contractent violemment, le rythme cardiaque s’accélère drastiquement, et un réflexe de respiration saccadée peut se déclencher.
À l’inverse, un passage rapide d’un environnement très froid à une chaleur excessive peut également provoquer un choc.
En général, les symptômes du choc thermique par l’eau froide comprennent :
Dans les cas graves, le choc thermique par l’eau froide peut également entraîner :
Les symptômes du choc thermique peuvent varier en fonction de la personne, de la température de l’eau et de la durée d’exposition. On distingue quatre phases distinctes, chacune caractérisée par des symptômes différents.
La Croix-Rouge canadienne souligne que la majorité des décès liés à une immersion en eau froide surviennent au cours des deux premières phases, plutôt que par hypothermie généralisée.
Au cours de cette phase, la personne est prise d’un réflexe de halètement involontaire, qui peut l’amener à inhaler de l’eau et à se noyer. Le réflexe de halètement est suivi d’une hyperventilation sévère, avec une respiration 6 à 10 fois plus rapide que la normale, ce qui peut entraîner une diminution du taux de dioxyde de carbone dans le sang. Cela peut provoquer une constriction des vaisseaux sanguins de la peau, et entraîner une augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.
Les symptômes de cette phase peuvent entraîner l’inhalation d’eau, la panique, des vertiges et une noyade immédiate ou une insuffisance cardiaque.
Au cours de cette phase, la personne peut ressentir une diminution de la fonction musculaire et de la coordination, ainsi qu’une perte de sensation dans les bras et les jambes, ce qui peut rendre difficile la nage ou le fait de rester à flot.
Sans pouvoir nager ou s’agripper à des dispositifs de flottaison, une personne peut se noyer, même si elle est un bon nageur dans des conditions normales.
Au cours de cette phase, la température corporelle de la personne peut chuter à des niveaux dangereux (en dessous de 35 °C (95 °F)) et elle peut ressentir une fatigue extrême, de la confusion et une désorientation. Finalement, l’hypothermie s’installe et, sans sauvetage ni premiers secours appropriés, la perte de conscience et la mort s’ensuivront.
L’hypothermie peut être une conséquence du choc thermique, mais il s’agit d’un état distinct qui nécessite une intervention spécifique et des soins médicaux immédiats.
Après avoir été secourue, la personne reste en danger de mort. Sa tension artérielle peut chuter brusquement à la sortie de l’eau, lorsque le sang froid des extrémités retourne vers le cœur, ce qui peut provoquer des rythmes cardiaques mortels. La personne risque de subir un arrêt cardiaque ou de s’évanouir peu après avoir été sortie de l’eau.
Les experts en sécurité utilisent cette formule simple pour décrire les différentes phases d’une immersion dans l’eau froide :
La quatrième étape n’est pas incluse dans la règle 1-10-1.
Si vous tombez à l’eau, concentrez tous vos efforts sur la sortie de l’eau par le moyen le plus rapide possible, généralement à l’aide d’un dispositif de remontée à bord. Appelez à l’aide grâce à une radio VHF marine, car une assistance médicale sera probablement nécessaire.
Au cours de la première phase, concentrez-vous sur le fait d’éviter la panique et de contrôler votre respiration, si possible. Adoptez la position H.E.L.P. (Heat Escape Lessening Position) en ramenant vos genoux vers votre poitrine et en les serrant contre vous pour protéger les zones de forte perte de chaleur comme les aisselles et l’aine.
Au cours de la deuxième phase, il reste important de ne pas paniquer. Nager ou faire du surplace augmentera considérablement la perte de chaleur et peut réduire le temps de survie de plus de 50 %. L’air emprisonné dans les vêtements peut fournir une flottabilité si vous restez immobile dans l’eau, et vous pouvez compter sur votre VFI ou gilet de sauvetage pour vous aider à rester à flot également.
Si vous pensez que les secours sont imminents (dans les 10 minutes) et que vous n’avez nulle part où aller, vous pouvez vous accrocher à un bateau chaviré. Sinon, il est recommandé d’essayer de nager jusqu’à un endroit sûr. Il est possible de nager jusqu’à environ un kilomètre en eau froide. Vous devez attendre que votre respiration soit redevenue régulière avant d’essayer de nager.
Donnez toujours la priorité à la sortie de l’eau, même s’il semble faire plus froid à l’air libre.
Si vous êtes concerné par les phases 3 et 4, il est essentiel de consulter un professionnel de santé.
Il est important de tout mettre en œuvre pour éviter le choc thermique. Au Canada, de nombreux plans d’eau sont suffisamment froids pour provoquer un choc thermique, même pendant les mois d’été.
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de subir un choc thermique:
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Oui, les cours d’eau canadiens présentent un risque nettement plus élevé de choc thermique, car la plupart des eaux canadiennes restent froides toute l’année.
Lors d’une journée où il fait 30 °C en Ontario ou en Colombie-Britannique, les plaisanciers se sentent souvent en sécurité. Cependant, les eaux profondes des Grands Lacs ou de la côte Pacifique peuvent encore afficher une température comprise entre 10 °C et 14 °C. Cet écart considérable entre la température de l’air et celle de l’eau rend la réaction de choc du corps beaucoup plus violente.
Dans de nombreuses régions du Canada (comme les Maritimes ou le Nord), la température de l’eau ne sort jamais réellement de la zone à haut risque, restant comprise entre 0 °C et 10 °C pendant la majeure partie de l’année.
Les experts en sécurité définissent l’eau froide comme toute eau dont la température est inférieure à 21 °C (70 °F), et l’eau dangereusement froide comme toute eau dont la température est inférieure à 15 °C (60 °F). Au Canada, même en juillet et en août, de nombreux lacs et zones côtières atteignent à peine ces seuils.
La plupart des décès liés à la navigation de plaisance au Canada surviennent dans des eaux dont la température est inférieure à 15 °C. À cette température, le réflexe de halètement est total et incontrôlable.
Non. Le réflexe de suffocation et la paralysie musculaire surviennent si rapidement que même les nageurs de niveau olympique peuvent se retrouver incapables de nager en quelques minutes. L’eau froide affecte votre corps à un niveau fondamental et n’a rien à voir avec votre condition physique. Un gilet de sauvetage (VFI) est la seule chose qui permet de garder la tête hors de l’eau lorsque vos muscles cessent de fonctionner.
Bien qu’il puisse se produire dans une eau aussi chaude que 21 °C (70 °F), il devient nettement plus dangereux dans une eau inférieure à 15 °C (60 °F). La plupart des accidents mortels en bateau surviennent dans des eaux dont la température est considérée par beaucoup comme rafraîchissante plutôt que glaciale.
Concentrez-vous entièrement sur le fait de garder la tête hors de l’eau et de contrôler votre respiration, en bougeant le moins possible vos bras et vos jambes. Si vous ne portez pas de gilet de sauvetage, mettez-vous sur le dos et écartez les bras et les jambes. Une fois que vous maîtrisez votre respiration, adoptez la position H.E.L.P. (Heat Escape Lessening Position).
Lorsqu’une personne est sortie d’une eau froide, le sang froid provenant des extrémités peut affluer vers le cœur, provoquant une chute soudaine de la tension artérielle ou une insuffisance cardiaque. Ce phénomène est connu sous le nom de « collapsus post-sauvetage ».
Si vous ne disposez pas d’une aide médicale immédiate, retirez les vêtements mouillés et fournissez des couvertures sèches. Évitez d’apporter une chaleur externe excessive et concentrez-vous sur l’augmentation de la chaleur interne (à l’aide de boissons chaudes riches en énergie et d’aliments).
L’hyperventilation, l’augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine avec la diminution de la dextérité sont tous des symptômes qui rendent le choc d’eau froide très dangereux. Dans les cas graves, le choc d’eau froide peut causer une perte de conscience, un arrêt cardiaque ou la mort.
Il est important de faire tout ce que vous pouvez pour l’éviter, surtout au Canada où les eaux sont plus froides.
Pour une baignade confortable et sécuritaire en général, visez des températures autour de 24°C à 29°C. Si l’eau est plus froide, soyez prudent, adaptez-vous progressivement et ne restez pas trop longtemps.
Croix-Rouge canadienne. Module 2 La glace et l’eau froide. Les noyades et autres traumatismes liés à l’eau au Canada 10 ans de recherche. [PDF]. https://cdn.redcross.ca/prodmedia/crc/documentsfr/3-3-4_ws_final_m2_french2006_04_19.pdf
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